La transition vers la retraite s’accompagne souvent d’une baisse de revenus pouvant atteindre 30 à 70% selon les situations professionnelles. Cette réalité financière ne signifie pas pour autant renoncer aux voyages, aux activités culturelles ou aux projets personnels qui donnent du sens à cette nouvelle étape de vie. Au contraire, disposer de temps libre impose de repenser sa stratégie patrimoniale pour transformer une épargne constituée en flux de revenus complémentaires réguliers. L’enjeu consiste à identifier les supports d’investissement capables de générer des ressources additionnelles tout en préservant le capital sur le long terme. Entre sécurité, rendement et disponibilité, chaque placement répond à des objectifs spécifiques dans le financement des loisirs et du train de vie quotidien.

Livrets d’épargne réglementés et super livrets pour constituer une réserve de liquidités

Les livrets d’épargne constituent la pierre angulaire de toute stratégie patrimoniale destinée aux retraités souhaitant financer leurs loisirs sans prendre de risques. Leur principal atout réside dans la disponibilité immédiate des fonds, un critère déterminant lorsqu’une opportunité de voyage ou une activité culturelle se présente. Contrairement aux placements immobiliers ou aux produits structurés, les livrets permettent de retirer son argent en quelques heures, sans pénalité ni frais de sortie. Cette liquidité totale offre une souplesse inégalée pour gérer les dépenses liées aux loisirs, qu’elles soient planifiées ou impromptues.

Livret A et LDDS : plafonds, taux de rendement et disponibilité immédiate

Le Livret A, placement préféré des Français avec plus de 55 millions de détenteurs, affiche un taux de rémunération de 1,5% depuis février 2026. Ce rendement, bien que modeste en période d’inflation élevée, présente l’avantage d’une exonération totale d’impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux. Le plafond de versement s’établit à 22 950 euros, hors intérêts capitalisés. Le Livret de Développement Durable et Solidaire (LDDS) fonctionne selon les mêmes modalités avec un taux identique de 1,5%, mais son plafond est limité à 12 000 euros. Ces deux produits réglementés par l’État garantissent le capital investi et génèrent des intérêts calculés par quinzaine, une particularité qui optimise légèrement le rendement pour les épargnants effectuant des versements stratégiques en début de quinzaine.

Pour un retraité cherchant à financer des loisirs réguliers comme des sorties culturelles mensuelles estimées à 200 euros, un Livret A plein générerait environ 344 euros d’intérêts annuels, soit l’équivalent d’une sortie mensuelle financée par les seuls rendements. La combinaison Livret A et LDDS permet de sécuriser jusqu’à 34 950 euros d’épargne de précaution, somme suffisante pour couvrir plusieurs mois de dépenses de loisirs sans entamer le capital principal. Cette réserve de sécurité joue également un rôle psychologique important, rassurant les retraités sur leur capacité à maintenir un certain niveau de vie sans compromettre leur patrimoine global.

Livret d’épargne populaire (LEP) : conditions d’éligibilité et rendement bonifié

Le Livret d’Épargne Populaire (LEP) se distingue par un rendement bonifié par rapport aux autres livrets réglementés. Son taux, historiquement supérieur d’au moins 0,5 à 1 point à celui du Livret A, en fait un outil particulièrement intéressant pour les retraités aux revenus modestes souhaitant financer des loisirs sans prendre de risque. En contrepartie, son ouverture est soumise à des conditions de ressources : le revenu fiscal de référence ne doit pas dépasser un certain plafond, révisé chaque année. Concrètement, de nombreux retraités non imposables ou faiblement imposés peuvent y prétendre, mais ils ignorent parfois cette possibilité.

Le plafond du LEP est fixé à 10 000 euros (hors intérêts). Là encore, les intérêts sont totalement exonérés d’impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux, ce qui augmente le rendement net pour l’épargnant. Pour un senior qui parvient à remplir son LEP, les intérêts annuels peuvent financer une partie des loisirs ponctuels : billets de spectacles, courts séjours, visites familiales. En pratique, il est judicieux de vérifier son éligibilité chaque année en présentant son avis d’imposition à sa banque, car la perte ou le gain de ce livret peut modifier sensiblement la capacité à financer des projets de loisirs à la retraite.

Super livrets bancaires : comparaison des offres promotionnelles et taux variables

Au-delà des livrets réglementés, les banques proposent des super livrets ou livrets « boostés » dont la rémunération varie librement. Ils peuvent constituer un complément intéressant pour placer une épargne de court terme destinée, par exemple, à un grand voyage prévu l’année suivante ou à un projet de loisir important. Leur principal atout réside dans les offres promotionnelles temporaires : certaines banques affichent des taux de 3 à 5% bruts pendant trois à six mois, dans la limite d’un certain montant, avant de revenir à un taux standard souvent proche de 1% brut.

Pour un retraité, l’enjeu est de ne pas se laisser séduire uniquement par le taux promotionnel, mais de comparer plusieurs paramètres : durée de la promotion, plafond du montant concerné, taux hors promotion, et surtout fiscalité. Contrairement au Livret A ou au LEP, les intérêts des super livrets sont soumis au prélèvement forfaitaire unique (PFU) de 30% ou, sur option, au barème de l’impôt sur le revenu. Autrement dit, un taux « affiché » à 4% brut correspond à 2,8% net après PFU. Ces produits restent néanmoins pertinents pour immobiliser un capital sur quelques mois en attendant de l’affecter à un autre placement retraite plus structurant.

Stratégie d’allocation entre livrets réglementés pour optimiser la fiscalité

Comment organiser concrètement cette épargne de précaution quand on est à la retraite ? Une approche efficace consiste à hiérarchiser les livrets en fonction de leur rendement net et de leur fiscalité. En priorité, il est judicieux de remplir le LEP pour les retraités éligibles, puis de plafonner le Livret A et le LDDS, qui bénéficient tous d’une exonération totale d’impôts. Ce « socle » sécurisé peut représenter entre 30 000 et 45 000 euros selon la combinaison choisie, de quoi couvrir plusieurs mois de dépenses de vie courante et de loisirs.

Au-delà de cette épargne réglementée, les super livrets peuvent servir de sas de transition : ils accueillent temporairement des liquidités en attente d’investissement (par exemple en assurance-vie ou en SCPI) ou une cagnotte dédiée à un projet précis, comme un voyage à l’étranger ou un séjour en thalasso. Dans cette logique, la fiscalité devient un critère clé : privilégier en premier lieu les supports exonérés (Livret A, LDDS, LEP), puis n’utiliser les super livrets que pour des montants et des durées limitées. Cette organisation permet de financer les loisirs à la retraite sans alourdir l’impôt tout en conservant une très forte souplesse.

Assurance-vie en gestion pilotée et fonds euros pour sécuriser le capital

Une fois la réserve de liquidités constituée, l’étape suivante consiste à investir une partie de son patrimoine sur des supports capables de générer un rendement supérieur tout en préservant le capital. L’assurance-vie occupe ici une place centrale. Elle permet à la fois de préparer un complément de revenu pour les loisirs, de protéger le conjoint et d’organiser la transmission. Bien utilisée, elle devient une véritable « boîte à outils » pour financer ses projets à la retraite de manière souple et fiscalement optimisée.

Fonds euros traditionnels : garantie du capital et rendements moyens 2024

Le fonds euros est le pilier sécuritaire des contrats d’assurance-vie. Son principal avantage ? Le capital est garanti par l’assureur : chaque euro versé, net de frais, ne peut pas baisser et les intérêts déjà crédités sont définitivement acquis (effet cliquet). En 2024, les rendements moyens des fonds euros se situent généralement entre 2 et 3% bruts, avec des écarts significatifs selon les contrats et les niveaux de frais. Après prélèvements sociaux, le rendement net peut donc avoisiner 1,7 à 2,5% pour les meilleurs contrats, ce qui reste intéressant pour un placement sécurisé.

Pour un retraité désireux de financer des loisirs réguliers (voyages annuels, activités sportives ou culturelles), affecter une partie de son capital sur un fonds euros permet de générer un flux d’intérêts annuels relativement prévisible. Par exemple, un capital de 80 000 euros placé à 2,5% brut peut produire 2 000 euros d’intérêts par an, soit une enveloppe de loisirs de près de 160 euros par mois sans entamer le capital. L’objectif n’est pas de battre les marchés financiers, mais de combiner stabilité, lisibilité et disponibilité sur le long terme.

Contrats multi-supports : répartition dynamique entre fonds euros et unités de compte

Pour ceux qui acceptent une part de risque mesurée, les contrats d’assurance-vie multi-supports permettent de combiner fonds euros et unités de compte (UC). Ces dernières regroupent des supports plus dynamiques : fonds actions, obligations, immobilier (SCPI, OPCI), ETF, etc. L’idée est de rechercher une performance globale supérieure sur le long terme tout en conservant une base sécurisée. À la retraite, la répartition classique peut évoluer vers un profil plus prudent, par exemple 60 à 80% en fonds euros et 20 à 40% en UC, en fonction de l’horizon de placement et de la tolérance au risque.

Cette diversification présente un intérêt majeur pour financer les loisirs : les UC peuvent, à long terme, générer des gains qui viendront augmenter le capital disponible pour les projets de voyage ou d’activités. À l’image d’un jardin partagé, le fonds euros représente la parcelle stable et prévisible, tandis que les unités de compte jouent le rôle des cultures plus expérimentales, susceptibles d’apporter de belles récoltes mais aussi de traverser des périodes plus difficiles. L’essentiel est de ne pas surpondérer ces supports risqués lorsque l’on a besoin de revenus réguliers à court terme.

Gestion sous mandat et profils d’investissement adaptatifs selon l’âge

Nombreux sont les retraités qui ne souhaitent pas passer du temps à arbitrer eux-mêmes leurs supports d’investissement. La gestion pilotée ou gestion sous mandat répond à ce besoin : l’épargnant délègue la gestion de son contrat à un professionnel qui ajuste automatiquement la répartition entre fonds euros et unités de compte selon un profil défini (prudent, équilibré, dynamique). Certains contrats proposent même des profils « évolutionnaires » qui deviennent progressivement plus sécurisés à mesure que l’assuré avance en âge.

Concrètement, vous définissez votre horizon de placement (par exemple 15 à 20 ans à 65 ans), votre appétence au risque et vos objectifs : maintenir votre niveau de vie, financer un projet de tour du monde, ou simplement préserver le capital pour vos héritiers. Le gérant s’occupe ensuite des arbitrages, comme un pilote automatique qui corrige la trajectoire en fonction des turbulences de marché. Cette approche est particulièrement adaptée pour les seniors qui veulent profiter de leurs loisirs sans avoir à suivre en détail l’actualité boursière, tout en conservant une stratégie patrimoniale cohérente.

Rachats programmés mensuels ou trimestriels pour financer les activités récurrentes

L’un des grands atouts de l’assurance-vie réside dans la possibilité de mettre en place des rachats programmés. Plutôt que de retirer une grosse somme ponctuellement, vous pouvez programmer des sorties mensuelles ou trimestrielles directement vers votre compte courant. Ces flux réguliers se transforment en véritable complément de retraite, parfait pour financer les loisirs récurrents : adhésion à un club de sport, abonnement à un théâtre, week-ends réguliers chez les enfants ou petits-enfants.

Sur le plan fiscal, seuls les intérêts inclus dans chaque rachat sont imposés, et la fiscalité devient particulièrement avantageuse après huit ans de détention grâce à l’abattement annuel. Vous pouvez ainsi calibrer le montant de vos rachats pour rester sous certains seuils d’imposition et préserver votre fiscalité. C’est un peu comme installer un robinet sur votre épargne : vous contrôlez le débit (montant des rachats) en fonction de vos besoins de loisirs, tout en laissant le reste du capital continuer à fructifier à l’abri de l’imposition tant qu’il reste investi.

Plan d’épargne retraite (PER) en phase de sortie et rentes viagères

Si le PER est d’abord un outil de préparation de la retraite pendant la vie active, il devient, au moment du départ, une source potentielle de revenus à ne pas négliger. La façon dont vous choisissez de sortir de votre PER aura un impact direct sur le financement de vos loisirs : voyages au début de la retraite, activités associatives, hobbies coûteux. Comprendre les mécanismes de sortie en capital ou en rente permet de transformer cette épargne fiscalement optimisée en compléments de revenus concrets.

Sortie en capital versus sortie en rente : calcul actuariel et arbitrage fiscal

Au moment de la retraite, vous pouvez généralement choisir entre une sortie en capital, une sortie en rente viagère ou un mix des deux. La sortie en capital est souvent privilégiée pour financer de grands projets de loisirs : voyage au long cours, achat d’un camping-car, travaux pour aménager une résidence secondaire. Toutefois, ce capital est soumis à une fiscalité spécifique, dépendant de la nature des versements (déduits ou non à l’entrée) et du compartiment concerné (individuel, collectif, obligatoire).

La sortie en rente repose quant à elle sur un calcul actuariel : l’assureur transforme votre capital en un revenu mensuel garanti à vie, en tenant compte de votre âge, de votre espérance de vie statistique et des options choisies. Fiscalement, la rente est imposée comme une pension de retraite, avec un abattement spécifique. L’arbitrage entre ces deux modes de sortie doit donc intégrer à la fois vos besoins de liquidité immédiate (pour des loisirs ponctuels) et votre besoin de revenus stables dans la durée. Une combinaison des deux peut souvent s’avérer judicieuse : une partie en capital pour financer un projet, le reste en rente pour soutenir le budget loisirs sur le long terme.

Rente viagère réversible et options de réversion pour sécuriser le conjoint

Pour les couples, la question de la sécurisation du conjoint survivant est centrale. Les rentes viagères issues d’un PER peuvent être assorties d’options de réversion : en cas de décès de l’assuré, une partie de la rente (50%, 60%, 100% selon l’option) continue d’être versée au conjoint désigné. Cette option de réversion réduit le montant de la rente initiale (car l’assureur s’engage potentiellement à verser plus longtemps), mais elle apporte une sécurité précieuse au conjoint, qui pourra continuer à financer ses loisirs et son niveau de vie même en cas de disparition du premier bénéficiaire.

Il est important de bien calibrer le taux de réversion : une réversion à 100% protège au maximum le conjoint, mais diminue sensiblement la rente perçue par le couple de son vivant. Une réversion à 50 ou 60% peut représenter un compromis acceptable, notamment si d’autres revenus (pensions, assurance-vie, patrimoine immobilier) existent déjà. En pratique, il s’agit de se poser une question simple : quel niveau de revenu mon conjoint devra-t-il conserver pour continuer à vivre et profiter de ses loisirs ? Les réponses à cette question orienteront le choix des options de rente.

Déblocage anticipé du PER pour financement de projets spécifiques

Si, en principe, le PER est bloqué jusqu’à la retraite, la loi prévoit plusieurs cas de déblocage anticipé (invalidité, décès du conjoint, surendettement, fin de droits au chômage, etc.). Parmi eux, l’acquisition de la résidence principale est un motif fréquent, même si elle intervient souvent avant la retraite. Pour un futur retraité, il peut toutefois être pertinent d’anticiper ce type de projet pour libérer une partie de son PER et ainsi alléger les charges de logement avant de se consacrer davantage à ses loisirs.

Attention toutefois à ne pas utiliser le PER comme une simple tirelire : chaque déblocage anticipé doit être mis en balance avec la perte de capacité de revenus futurs qu’il engendre. Là encore, une vision globale est nécessaire : vaut-il mieux disposer immédiatement d’un capital pour un projet de vie (logement, tour du monde, aide aux enfants) quitte à réduire ses revenus complémentaires futurs, ou privilégier une rente plus confortable à long terme pour financer des loisirs récurrents ? Cet arbitrage est au cœur de la stratégie d’utilisation du PER en phase de retraite.

Investissements en SCPI de rendement et démembrement temporaire

Pour les retraités qui acceptent d’immobiliser une partie de leur capital sur le moyen ou long terme en échange de revenus potentiellement supérieurs, les SCPI de rendement (Sociétés Civiles de Placement Immobilier) constituent une solution intéressante. Elles permettent d’accéder à un parc immobilier diversifié (bureaux, commerces, santé, logistique) sans gérer soi-même les locataires ni les travaux. Les loyers perçus peuvent compléter utilement une pension de retraite pour financer des loisirs, des vacances ou des projets personnels.

SCPI à capital variable : rendements trimestriels et typologie des actifs immobiliers

Les SCPI à capital variable sont les plus répandues pour les investisseurs particuliers. Elles émettent et rachètent des parts en continu, ce qui apporte un peu plus de souplesse de souscription et de revente que les SCPI à capital fixe, même si la liquidité n’est jamais garantie. Les rendements distribués (taux de distribution) se situent en moyenne entre 4 et 5,5% bruts par an ces dernières années, selon les sociétés de gestion et la nature du patrimoine.

Les actifs détenus par ces SCPI sont variés : immeubles de bureaux en région parisienne, commerces de centre-ville, cliniques, Ehpad, plateformes logistiques, résidences gérées, etc. Cette diversification sectorielle et géographique réduit le risque lié à un seul locataire ou à un seul immeuble. Pour un retraité, percevoir des revenus trimestriels issus de ces loyers peut permettre de financer des loisirs réguliers, comme un budget vacances annuel ou des activités sportives, sans vendre de capital. Il convient toutefois d’intégrer dans le calcul la fiscalité des revenus fonciers, souvent lourde pour les contribuables encore fortement imposés.

Démembrement temporaire de parts : acquisition de l’usufruit pour revenus complémentaires

Une approche plus sophistiquée consiste à investir en SCPI via le démembrement temporaire de propriété. Concrètement, la pleine propriété des parts est scindée entre nue-propriété et usufruit pour une durée déterminée (5, 10, 15 ans par exemple). L’usufruitier perçoit la totalité des loyers pendant la durée du démembrement, tandis que le nu-propriétaire récupère la pleine propriété des parts à l’échéance, sans frais supplémentaires. Pour un retraité qui cherche avant tout des revenus complémentaires immédiats, l’acquisition de l’usufruit peut être pertinente.

En effet, le prix de l’usufruit est souvent nettement inférieur à celui de la pleine propriété, ce qui permet de bénéficier d’un rendement apparent plus élevé pendant la durée du démembrement. En revanche, l’usufruitier ne détient aucun droit sur le capital à l’issue de la période : il ne récupère pas les parts. Cette stratégie peut donc s’envisager pour financer une période donnée de la retraite (par exemple de 65 à 75 ans) durant laquelle les loisirs sont plus intenses, en acceptant l’idée que ces revenus cesseront au terme du démembrement.

SCPI européennes et diversification géographique du patrimoine locatif

Pour limiter l’impact de la fiscalité française sur les revenus fonciers et diversifier géographiquement son patrimoine, certaines SCPI investissent majoritairement hors de France : Allemagne, Pays-Bas, Espagne, Italie, pays nordiques, etc. Les loyers perçus à l’étranger peuvent être soumis à des conventions fiscales bilatérales qui atténuent la double imposition, ce qui améliore parfois le rendement net pour l’investisseur français. De plus, ces marchés immobiliers ne réagissent pas toujours de la même façon que le marché hexagonal, ce qui ajoute une couche de diversification.

Pour un retraité, détenir quelques parts de SCPI européennes permet de ne pas concentrer tout son patrimoine immobilier en France et de profiter d’opportunités de rendement différentes. Ces revenus, une fois nets d’impôts, peuvent venir abonder un budget loisirs annuel, par exemple pour des voyages… en Europe justement. Là encore, la clé est de bien comprendre les risques : capital non garanti, liquidité parfois réduite, évolution possible des valeurs de parts et des loyers. Investir en SCPI doit s’inscrire dans une stratégie patrimoniale globale, en complément et non en substitution totale des supports plus liquides.

Portefeuille d’ETF et dividendes aristocrates pour revenus passifs réguliers

Pour les retraités qui acceptent une exposition plus directe aux marchés financiers en vue de générer des revenus passifs, la constitution d’un portefeuille d’ETF (fonds indiciels cotés) et d’actions à dividendes peut être une piste efficace. L’idée n’est plus seulement de faire croître le capital, mais d’encaisser régulièrement des dividendes ou des distributions pour financer des loisirs, à l’image d’un « salaire » versé par les marchés. Cette stratégie demande toutefois une bonne compréhension des risques et de la fiscalité des dividendes.

ETF distribuants world et europe : sélection MSCI et versements trimestriels

Les ETF « distribuants » répliquant les grands indices (MSCI World, MSCI Europe, etc.) versent régulièrement les dividendes perçus sur les actions sous-jacentes, en général de manière trimestrielle ou semestrielle. Pour un retraité, détenir un panier diversifié de ce type d’ETF permet de toucher des revenus issus de milliers d’entreprises dans le monde, sans avoir à sélectionner soi-même chaque titre. Les rendements en dividendes oscillent souvent entre 2 et 3% par an sur ces indices larges, auxquels peut s’ajouter la performance en capital sur le long terme.

Imaginons un portefeuille de 100 000 euros investi à 50% sur un ETF MSCI World distribuant et à 50% sur un ETF MSCI Europe distribuant, avec un rendement en dividendes moyen de 2,5% brut par an. Cela représente 2 500 euros de distributions annuelles, soit un peu plus de 200 euros par mois pour financer des loisirs. Bien sûr, ces revenus ne sont pas garantis : en cas de crise, les entreprises peuvent réduire ou suspendre leurs dividendes. Mais sur un horizon long, cette approche permet de coupler croissance potentielle du capital et flux réguliers de revenus.

Actions à dividendes : stratégie dividend aristocrats et rendement sur coût

Pour les investisseurs plus avertis, une autre voie consiste à sélectionner directement des actions à dividendes croissants, souvent appelées « Dividend Aristocrats ». Il s’agit d’entreprises qui ont augmenté leur dividende chaque année pendant 10, 20 ou 25 ans ou plus, ce qui témoigne d’une grande stabilité financière et d’une politique généreuse envers les actionnaires. Ces titres peuvent offrir un couple rendement/visibilité intéressant pour financer des loisirs sur plusieurs décennies de retraite.

Un concept clé ici est le rendement sur coût : si vous achetez aujourd’hui une action qui verse un dividende de 4% et qui augmente ce dividende en moyenne de 5% par an, au bout de 10 à 15 ans, le dividende annuel rapporté à votre prix d’achat initial peut représenter 6, 7, 8% ou plus. Autrement dit, plus vous conservez ces actions, plus vos revenus de dividendes potentiels augmentent par rapport à votre mise de départ. C’est un peu comme planter un arbre fruitier : les premières récoltes sont modestes, mais avec le temps, les fruits deviennent plus nombreux et peuvent alimenter durablement votre budget vacances ou loisirs.

Enveloppe PEA versus compte-titres ordinaire pour optimisation fiscale des dividendes

La fiscalité joue un rôle déterminant dans la pertinence de cette stratégie. En France, deux grandes enveloppes permettent de détenir des actions et ETF : le Plan d’Épargne en Actions (PEA) et le compte-titres ordinaire (CTO. Dans un PEA, après cinq ans de détention, les retraits sont exonérés d’impôt sur le revenu (hors prélèvements sociaux), ce qui rend les dividendes et plus-values particulièrement attractifs pour un retraité. En revanche, le PEA est plafonné en versements et limité aux actions européennes (directement ou via des ETF).

Le compte-titres ordinaire offre une liberté d’investissement totale (actions mondiales, ETF internationaux, obligations, etc.), mais les dividendes y sont soumis au PFU de 30% ou au barème de l’impôt sur le revenu. Pour un retraité, la stratégie optimale consiste souvent à loger en priorité les actions à dividendes et les ETF européens dans le PEA pour minimiser la fiscalité, et à réserver le CTO aux supports non éligibles. De cette manière, les revenus de dividendes peuvent financer une partie des loisirs sans alourdir excessivement la note fiscale.

Crowdfunding immobilier et obligations à court terme pour rendements boostés

Enfin, pour une part limitée du patrimoine (celle que l’on accepte de voir davantage fluctuer), certains retraités peuvent envisager des solutions à rendement plus élevé comme le crowdfunding immobilier ou les obligations d’entreprises. L’objectif n’est pas d’y placer l’épargne de précaution, mais de chercher à « booster » ponctuellement les rendements pour financer des projets de loisirs spécifiques : un grand voyage, un projet associatif, l’aide financière à un proche.

Plateformes de crowdfunding immobilier : anaxago, homunity et profils de projets

Le crowdfunding immobilier permet de prêter de l’argent à des promoteurs ou des opérateurs immobiliers via des plateformes spécialisées comme Anaxago, Homunity, ClubFunding, etc. En échange, l’investisseur perçoit des intérêts souvent compris entre 7 et 10% bruts par an, sur des durées relativement courtes (12 à 36 mois). Ces projets financent généralement la construction ou la rénovation de programmes immobiliers, dont la vente ou la mise en location permettra de rembourser les investisseurs.

Pour un retraité, ces placements peuvent sembler séduisants pour financer rapidement un projet de loisirs coûteux. Cependant, il est essentiel de rappeler qu’ils comportent un risque de perte en capital en cas de défaillance du promoteur ou de retard important du chantier. Il est donc prudent de n’y consacrer qu’une faible part de son patrimoine et de diversifier les projets (différents promoteurs, différentes villes) plutôt que de mettre une somme importante sur un seul dossier. Avant d’investir, prendre le temps de lire les notes d’information et de vérifier le sérieux de la plateforme est indispensable.

Obligations d’entreprises investment grade et duration adaptée au besoin de liquidité

À mi-chemin entre sécurité et rendement, les obligations d’entreprises de bonne qualité (investment grade) peuvent constituer une source de revenus réguliers via le versement de coupons. Ces titres, émis par de grandes entreprises solides, présentent un risque de défaut plus faible que les obligations à haut rendement (« high yield »), en échange d’un taux d’intérêt modéré. Pour financer des loisirs à la retraite, l’enjeu est de choisir des obligations dont la duration (durée de vie moyenne) correspond à votre horizon de besoins en liquidités.

Par exemple, un retraité qui sait qu’il aura besoin d’un capital dans cinq ans pour un projet précis (voyage conséquent, donation aux enfants) peut se positionner sur une obligation arrivant à échéance à cette date. À l’échéance, il récupérera le capital (sauf défaut de l’émetteur) en plus des coupons perçus chaque année, ce qui lui donnera une visibilité intéressante. Les obligations peuvent être achetées en direct via un compte-titres ou, plus simplement, via des fonds obligataires ou ETF spécialisés, qui mutualisent le risque sur de nombreux émetteurs.

Fonds obligataires datés : échéances programmées et visibilité sur le capital

Les fonds obligataires datés (ou « fonds à échéance ») ont connu un succès croissant ces dernières années. Leur principe est simple : le fonds achète un portefeuille d’obligations dont les maturités se situent autour d’une même date (par exemple 2030), puis les conserve jusqu’à l’échéance. L’objectif est de fournir à l’investisseur une meilleure visibilité sur le rendement total attendu et sur la récupération du capital à une date donnée, sous réserve de l’absence de défauts massifs dans le portefeuille.

Pour un retraité, investir dans un fonds obligataire daté peut être une façon structurée de préparer un budget loisirs important à une échéance précise : par exemple, financer un « grand voyage des 75 ans » ou un projet familial. Pendant la durée de vie du fonds, il perçoit des distributions régulières (coupons réinvestis ou redistribués selon les fonds), puis récupère son capital à l’échéance. Comme toujours, le capital n’est pas garanti et la valeur des parts peut fluctuer, mais l’horizon défini et la diversification interne du fonds limitent une partie des risques par rapport à l’achat d’une seule obligation en direct.